Depuis mes débuts à la gouache, j’ai un attrait particulier pour les fleurs. Les couleurs vives et la texture onctueuse de cette peinture rendent les pétales irrésistibles !
De plus, l’opacité de la gouache rend le processus très fluide et particlièrement satisfaisant.
Dans cet article, je passe en revue mon expérience de la peinture des fleurs à la gouache, dans un souci de simplicité et de facilité, pour les rendre accessibles aux débutants.

Matériel pour peindre les fleurs à la gouache
Le matériel pour peindre les fleurs est le même que celui des autres sujets. Vous pouvez télécharger mon guide complet ici : Matériel pour débuter à la gouache.
En revanche, il peut être intéressant de discuter des couleurs utiles pour peindre les fleurs. Voici ma petite sélection :
- Jaune citron
- Jaune hansa moyen
- Bleu outremer
- Rouge carmin ou Magenta
- Rouge de cadmium clair ou rouge écarlate (moins opaque mais non toxique)
- Vert oxyde de Chrome
Le jaune citron est très intéressant à ajouter à une pointe d’outremer pour des verts frais et printaniers. Le jaune hansa moyen est neutre, parfait pour des fleurs jaunes, ou à associer au rouge de cadmium clair pour créer un très bel orange type escholtzia.
L’outremer est un bleu chaud qui fera de superbes violets ajouté à du carmin ou à du magenta. Il est aussi très utile pour créer des verts, ou pour foncer un vert oxyde de Chrome.
Le carmin est un peu moins froid que le magenta. Cela dépend des préférences, mais souvent je le privilégie par rapport à ce dernier, que je trouve aussi un peu trop transparent.
Le rouge de cadmium clair est un rouge extrêmement vif et opaque. La toxicité du cadmium le rend moins populaire dans les assortiments, et il peut être remplacé par un rouge écarlate. Ses qualités d’intensité et d’opacité sont cependant difficiles à égaler.
Le vert Oxyde de Chrome est très opaque et assez doux, je l’aime tel quel ou agrémenté de bleu ou de jaune pour le faire varier.

Pour les pinceaux, je privilégie les ronds. J’apprécie également tout particulièrement le filbert pour les pétales.

Fleurs à la gouache : Technique des superpositions
Cette technique illustrative correspond à une suite logique de superpositions de couleurs intenses. Elle consiste à poser une couche de la couleur principale de la zone à peindre, de laisser sécher puis d’ajouter les ombres, de laisser sécher puis d’ajouter les lumières.
Bien sûr, il peut y avoir des détails nécessaires, comme des motifs si l’on peit une fleurs à damiers telle que la fritillaire pintade. Mais dans le cas de fleurs simples à couleur unie, cela fonctionne très bien !

Démonstration : Technique des superpositions
La fleur d’anémone est l’une de mes préférées. Ses gros pétales et ses couleurs vives en font un sujet idéal pour toutes les techniques artistiques !
Etape 1 : L’esquisse
Au graphite, repérez le coeur et les différents pétales.

Etape 2 : Les couleurs principales
Si vous ne deviez choisir qu’une couleur par zone, laquelle choisiriez-vous ? Ici, je pose un aplat de violet (outremer + carmin + blanc de titane) pour les pétales et un aplat d’indigo + blanc de Titane pour le coeur et les étamines. Je laisse des liserés blancs séparant les pétales afin de ne pas perdre mon esquisse. Laissez sécher cette étape avant de passer à la suivante

Etape 3 : Les ombres
Je crée une couleur d’ombre pour les pétales (outremer + carmin) et une couleur d’ombre pour le coeur et les étamines (indigo pur). Je les peins aux zones de contact eet nervures, autour du coeur et dans les étamines.

Etape 4 : Les lumières
Je crée une couleur de lumière pour les pétales (x+x) et une couleur de lumière pour le coeur et les étamines (x+x). Je les place au-dessus des zones de contact des pétales, et en reflets des étamines et du coeur.

Fleurs à la gouache : Technique du One stroke
Le One Stroke (« une touche ») est une technique de gouache ou d’acrylique consistant à charger son pinceau de deux couleurs distinctes. Sur papier blanc, on le trempe en premier dans la couleur la plus claire et ensuite on trempe la pointe dans la couleur la plus foncée. Sur papier noir, on fait l’inverse. Cela assure un meilleur contraste possible entre la couleur du papier et de la fleur.
La touche obtenue est alors bicolore. L’objectif est de réussir à créer un effet nervuré grâce aux fibres du pinceau. Pour cela, il est nécessaire d’avoir le bon degré de dilution de la peinture : Trop diluée, les couleurs seront trop fondues. Pas assez diluée, des trous apparaîtront, laissant voir le papier.

Démonstration : Technique du One Stroke
Peignons ces fleurs sur papier noir avec la technique du One stroke :
Pour une démonstration supplémentaire, je vous invite à consulter mon article : Fleurs faciles à la gouache dans lequel je peins des crocus en One stroke.
Fleurs à la gouache : Vision lointaine (dans un paysage)
Les fleurs ne sont pas toujours peintes en gros plan détaillé. Parfois, elles font partie d’un paysage plus important, ce qui nécessite de les suggérer sans les détailler.
Pour cela, la technique des superpositions est souvent la plus simple à mettre en place, bien que le One stroke puisse parfois très bien s’intégrer.
Un buisson fleuri à la gouache façon Ghibli
Ici trois rouges ont été superposés et juxtaposés pour créer la floraison du buisson. Il en a été de même pour le feuillage, avec un vert foncé, un vert moyen, et un vert frais.
Les touches sont très simples, aucun détail n’est ajouté.
Cette vidéo courte est un extrait de la démonstration du tableau complet tiré du film Arrietty : Le petit monde des chapardeurs. Pour la visionner n’hésitez pas à consulter mon article : Paysage à la gouache.
Un champ d’escholtzias à la gouache
Sur un fond bien sec, je commence par repérer mes escholtzias avec de l’orange de Pyrroles pur. Le rendu est foncé et un peu transparent, ce n’est pas grave à ce stade.

Il est important de laisser parfaitement sécher l’orange de l’étape précédente avant de passer à celle-ci. Je mélange mon orange de Pyrrole avec du jaune Hansa foncé et je viens appliquer ma couleur par-dessus les silhouettes des pavots. Cela opacifie et illumine le rendu.

J’ajoute les ombres (orange de Pyrrole + bleu phtalo) et les lumières (Jaune hansa moyen + blanc de titane).

N’hésitez pas à tester ces techniques de gouache pour peindre des fleurs colorées à souhait ! Et n’oubliez pas : La gouache n’a pas besoin d’être complexe et remplie de subtilités. Elle peut aussi être très simple et très amusante à pratiquer, pour des résultats vibrants.
A vos pinceaux !